Le loup garou

Les origines du mythe du loup-garou (la possibilité pour un être humain de se transformer en loup) n'ont jamais été clairement démontrées : elles sont pourtant de toute évidence fort anciennes et communes à de nombreux peuples. Le loup-garou relève de la tradition fantastique. Il s'agit d'un homme qui, grâce à des pouvoirs particuliers, se transforme en loup et qui assume donc tous les caractères que l'on attribue à cet animal : puissance musculaire, agilité, ruse et férocité. Cette forme peut être temporaire ou définitive. La tradition veut qu'ils conservent, après leur métamorphose, deux de leurs caractéristiques : leurs voix et leurs yeux. Par ailleurs, certains indices trahissent le loup-garou qui a repris son apparence humaine : ses sourcils se rejoignent au-dessus de son nez, ses ongles présentent une teinture rougeâtre, le majeur est particulièrement long et ses oreilles sont implantées assez bas et en arrière sur la tête. Restent les mains et les pieds velus à signaler. LES LEGENDES Au Vème siècle avant notre ère, Hérodote relate que les Grecs qui s'établirent sur les bords de la mer Noire considéraient les habitants de ces contrées comme des magiciens forts habiles, capables de se métamorphoser à volonté. L'historien grec parle d'une race d'hommes ayant le pouvoir de se transformer en loups et de reprendre, lorsqu'ils le désirent, leur apparence humaine. Les Anciens disaient que cette métamorphose permettait d'acquérir la force et la ruse d'une bête sauvage, mais que le loup-garou conservait voix et regard humains. Les Romains, eux aussi, attribuaient ces métamorphoses à la magie. Grecs et Romains considéraient le fait d'être transformé en loup comme un châtiment divin, et qu'il frappait toujours les mortels qui avaient sacrifié des victimes humaines. A part la fameuse légende de Romulus et Remus, on peut citer celle d'Apollon, le Dieu grec de la lumière, de la médecine et de la musique qui naquit de l'union de Zeus et de Latona - une femme qui se protégeait de la colère de Era (la sSur et femme officielle de Zeus) en se transformant en loup. Sans oublier la légende de Licao, le premier loup-garou reconnu : cet homme était le roi d'Arcadia qui organisa un jour un banquet. Parmi ces invités se cachait Zeus. Il décida alors de le démasquer en tuant son fils le plus jeune (Arcade) et de préparer un repas avec sa chair car seul un Dieu est capable de reconnaître le goût de la chair humaine. Licao pouvait alors, selon son plan, reconnaître Zeus. Tous mangèrent le pauvre Arcade sauf, bien évidemment, Zeus, qui, furieux de ce meurtre injustifié, transforma le roi en loup. En ce qui concerne le contexte historique, il faut savoir que les Grecs entretenaient une peur respectueuse envers les loups, puisque la population était très effrayée et surtout concentrée sur les côtes. Par conséquent, les loups pouvaient vivre en paix, sans la crainte d'une hypothétique agression humaine. Chez les Romains, le loup était tout aussi respecté et presque considéré comme un membre de la famille. Plus tard, quand les Chrétiens dominèrent la région, le loup devint très rapidement l'allié de Satan. Cette dynamique s'explique par la substitution de divinités ancestrales par les Saints. Selon Pline le Jeune, la métamorphose s'opérait alors que le coupable traversait à la nage les eaux d'un lac : en arrivant sur la rive opposée, il était devenu un loup. Dès lors, il était condamné à errer dans la campagne, avec d'autres loups-garous, pour une période de neuf ans. Si, pendant tout ce temps, il s'était abstenu de manger de la chair humaine, il lui était permis de retrouver sa forme humaine, marquée toutefois par les ravages du temps. Le processus de la métamorphose varie notablement : parfois, la transformation est soudaine. Quelquefois, il suffit à celui qui veut changer de forme de revêtir la dépouille d'un animal pour prendre son aspect. A partir du XVème siècle, les légendes font état de philtres magiques qui permettent aux monstres de retrouver leur figure humaine (en Scandinavie, en Russie occidentale et en Europe centrale, en par dinavie, en Russie occidentale et en Europe centrale, en par